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Inventorier ton tiroir à pigments, lot par lot, sans y passer la semaine

Publié le Mis à jour le 10 minutes de lecture Par Jimenez Julien

Ton tiroir contient des flacons entamés, des références remplacées et des étiquettes qui se décollent, et personne ne sait dire de mémoire quel lot se trouve encore en cabine. Voici la méthode pour transformer ce tiroir en fiches de lot exploitables, en une seule séance de travail, sans rien inventer.

Praticienne en blouse blanche triant des flacons de pigment sortis d’un tiroir de cabine et posés en rangées sur un plateau inox

Pas besoin de devenir logisticienne: il te faut un inventaire propre, par numéro de lot, qui dit en dix secondes si le flacon en cause est en cabine et avec quelles clientes il a servi. Le reste est du bruit.

Méthode de terrain faisable en une séance: partir de l’étiquette des flacons, photographier l’utile, trancher les cas douteux, puis poser un geste simple à chaque réception de colis. Objectif: une fiche de lot exploitable et opposable.

Ce que l’on cherche réellement dans un tiroir de pigments

Une référence commerciale n’est pas un lot

Un pigment a une référence commerciale (teinte vendue sur la durée) et un numéro de lot, imprimé sur le flacon ou l’étiquette secondaire, qui identifie une fabrication précise. Le Règlement (CE) n° 1907/2006 dit REACH, annexe XVII, entrée 75, vise des substances dans les encres et produits de maquillage permanent. Lors d’un retrait, la cible est un lot, parfois une fourchette de lots, rarement une couleur sans lot.

Connaître la couleur ne suffit pas. Ce qui te protège, c’est de pouvoir, par écrit et d’après l’étiquette, répondre fabricant + lot. Si l’info lot manque ou est illisible, le flacon n’est pas exploitable sur cliente. Sur ce point, les obligations REACH en cabine rappellent l’importance de l’étiquetage et des substances restreintes.

Les deux questions auxquelles l’inventaire doit répondre

L’inventaire ne gère pas un stock marchandises: il doit répondre, sans fouiller, à deux questions opérationnelles.

  • Ce lot est-il physiquement chez moi, oui ou non, et sous quelle forme, flacon neuf ou flacon entamé.
  • Avec quelles clientes ce même lot a-t-il été utilisé, sur quelles dates, pour quelles zones et quelle retouche.

En cas de retrait fabricant, d’alerte relayée par RappelConso ou de contestation cliente, tu dois prouver ces deux points. Suis les rappels sur RappelConso, site officiel des rappels, publié par les pouvoirs publics. L’outil gagnant associe le lot au dossier de séance, sans ressaisie.

Préparer la séance d’inventaire

Vider le tiroir sur un champ propre

Installe un vrai poste: désinfecte une surface plane, éclaire bien, puis vide le tiroir d’un coup. On n’inventorie pas entre deux clientes: cela ne se termine pas et génère des oublis. Une séance concentrée suffit.

Trie en trois zones visibles et séparées que tu ne mélanges pas: 1, flacons neufs sous scellé. 2, flacons entamés. 3, flacons douteux (étiquette abîmée, provenance floue, transvasés). Traite le flux simple d’abord et réserve les choix pour la fin. Positionne un plateau de tri dédié aux flacons qui vont sortir de la cabine.

Le matériel: lampe, étiquettes vierges, plateau de tri

Prépare un kit simple pour ne pas casser le rythme.

  • Lampe orientable à lumière diffuse, pour lire les micro-impressions des lots.
  • Étiquettes vierges et un feutre fin, pour noter uniquement la date d’ouverture manquante.
  • Plateau de tri et pochettes, pour séparer les trois zones et éviter les mélanges.
  • Smartphone ou tablette chargée, pour photographier les étiquettes et créer les fiches de lot.

Ajoute un sac pour les sorties définitives et de quoi marquer les flacons écartés. Règle: une manipulation par flacon, lecture, photo, décision, puis on pose et on ne rouvre pas avant la fin.

Relever les informations qui comptent, flacon par flacon

Fabricant, référence et numéro de lot

Lis l’étiquette dans l’ordre: fabricant, référence commerciale, numéro de lot. Sur beaucoup de flacons, le lot est en micro-caractères près du code-barres ou embouti en creux sur le sertissage. La mention d’usage et le lot doivent figurer sur l’étiquette; leur absence est un signal d’alerte.

Date limite d’utilisation et date d’ouverture

Note la date limite d’utilisation telle qu’affichée (souvent MM/AAAA). Ajoute la date d’ouverture si elle existe. Si elle manque, n’invente pas: tu constateras et décideras en fin de séance s’il reste exploitable.

Le cas des flacons ouverts sans date notée

Un entamé sans date d’ouverture pose un problème de traçabilité et d’aptitude à l’emploi. Vérifie si le fabricant précise une durée d’utilisation après ouverture. Si tu ne peux pas démontrer la date, estime l’antériorité via ton planning puis tranche: sortie du tiroir ou maintien conditionné à une décision écrite jointe au dossier.

Champ Où le lire Pourquoi
Fabricant Étiquette principale Identifier l’émetteur du retrait ou des consignes
Référence commerciale Nom de teinte Contexte de couleur, utile mais non suffisant
Numéro de lot Près du code-barres ou embossé Clé de rappel, pivot de la recherche inversée
Date limite d’utilisation Pictogramme sablier ou MM/AAAA Décider d’un maintien ou d’une sortie
Date d’ouverture Étiquette vierge posée par toi Suivre l’aptitude après ouverture
Remarques d’usage Notice ou étiquette secondaire Précautions spécifiques posées par le fabricant

Photographier l’étiquette une bonne fois

Cadrage et lumière pour un lot vraiment lisible

La photo d’étiquette est ton assurance mémoire. Pose le flacon à plat sur fond neutre, éclaire en lumière latérale douce, cadre large pour inclure numéro de lot et date limite. Nettoie l’objectif, fais la mise au point sur la zone du lot, vérifie la lisibilité, puis repose. Si l’étiquette est courbe, fais deux prises, globale et macro sur le lot.

Évite les mains gantées dans le cadre et les photos à la volée. Le standard: image nette, horodatée, exploitable à l’écran. Cette photo sera jointe à la fiche de lot et au dossier de séance.

Nommer la fiche pour la retrouver dans deux ans

Adopte une convention stable: Fabricant_Référence_Lot. Exemple: MarqueX_BrunFroid_21A045. Évite espaces et accents si ton système n’aime pas, mais conserve des majuscules lisibles. Si une même teinte existe chez deux fabricants, ajoute une abréviation de gamme. Objectif: retrouver une fiche par simple recherche, sans albums photo.

Valable avec ou sans logiciel, et pertinent si tu exportes un PDF horodaté à ton assureur responsabilité civile professionnelle. Pour voir comment lier le lot en situation, lis les méthodes pour tracer le lot pendant la séance, avec leurs avantages et leurs limites.

Décider du sort des flacons douteux

Étiquette illisible, flacon transvasé, provenance incertaine

Règle: un flacon dont tu ne peux pas nommer clairement le fabricant et le numéro de lot ne doit plus servir sur cliente. Il ne pourra jamais être disculpé lors d’un retrait ni relié de façon opposable à un dossier de séance. Même logique pour un flacon transvasé sans copie fidèle de l’étiquette d’origine, ou à provenance non documentée.

Acte la décision par écrit dans la fiche de lot et sors-le du tiroir. Évite la disparition silencieuse qui te laisse sans preuve. Un flacon douteux devient un risque latent qui complique toute réclamation cliente.

Ce qui se garde, ce qui sort du tiroir

Garde les flacons neufs sous scellé et les entamés correctement identifiés, lisibles, avec une date d’ouverture quand le fabricant la prévoit. Sors les étiquettes illisibles, les DLU dépassées et les entamés sans possibilité de prouver l’ouverture dans une fourchette défendable. Oriente la sortie selon ton prestataire et tes procédures: certains contenants souillés vont dans la filière DASRI (conserve les bordereaux trois ans), d’autres suivent un circuit déchets assimilés. Garde la trace écrite de la décision et la date.

Si un retrait de lot apparaît ensuite, tu pourras prouver que le flacon était sorti de l’exploitation à telle date. Pour dérouler une alerte sereinement, garde la main avec la semaine type après un retrait de lot, jour par jour.

Faire vivre l’inventaire sans y repenser

Le geste d’enregistrement à l’ouverture du colis

Déplace l’effort à la réception. À l’ouverture du colis, scanne le code-barres ou photographie l’étiquette avant de ranger le flacon. Tu crées ainsi la fiche de lot (fabricant, référence, lot, date limite) et tu ajouteras la date d’ouverture le jour où tu romps le scellé. Une seule saisie.

Ce réflexe fait gagner du temps le jour d’une alerte. Règlement REACH, rappels fabricants, messages de la DGCCRF, signalements de vigilance à l’ANSM: tout part d’un lot. Il faut faire correspondre ce lot à tes flacons réels et à tes séances passées, sans dossiers papier.

Relier chaque flacon aux séances où il a servi

Dans Tracencre, tu lies le pigment utilisé, la cartouche d’aiguilles et le cycle d’autoclave au dossier de séance, avec photos avant et après, questionnaire de santé et consentement éclairé signés sur tablette. La recherche inversée par lot devient immédiate: quel flacon, quelles clientes, quelles dates, et un export PDF horodaté pour l’assureur ou pour l’ARS.

L’inventaire vit ensuite. Un moteur de veille apparie ton stock déclaré aux publications de l’annexe XVII, entrée 75 du règlement REACH, aux rappels RappelConso et DGCCRF, et aux avis de retrait fabricants. Tu reçois une alerte nominative sur les flacons réellement présents, avec conduite à tenir et liste des séances concernées. Pour cadrer les attentes de l’ARS, relis la pochette à sortir le jour de la visite ARS.

En synthèse, un tiroir qui travaille pour toi

Un inventaire utile est un inventaire par numéro de lot, nourri d’une photo propre et d’un nommage stable. En une séance, tu transformes ton tiroir en fiches exploitables, décides du sort des flacons douteux et poses le geste d’enregistrement à l’ouverture des colis. Le jour d’un retrait, tu sais si le lot est chez toi et quelles clientes informer.

Si tu veux que ces gestes produisent automatiquement des alertes, des fiches de séance opposables et une recherche inversée, regarde les formules Tracencre pour le suivi de stock et dossiers. Le but n’est pas d’empiler des fichiers: c’est de pouvoir répondre vite et proprement à une réclamation, à l’ARS ou à ton assureur.

Sors trois étiquettes de ton tiroir, on les déclare ensemble

Vingt minutes en visioconférence, sur tes propres flacons. On crée les fiches de lot en direct et tu vois tout de suite si l’un de ces lots est visé par une restriction ou un rappel en cours. Pas de diaporama, pas de carte bancaire demandée.

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Portrait de Jimenez Julien, auteur de cet article
L’auteur de cet article

Jimenez Julien

Je conçois et j’édite Tracencre, l’outil qui apparie la veille des pigments à l’inventaire réel d’une cabine et qui scelle chaque dossier de séance, du numéro de lot au cycle d’autoclave. J’écris à partir de ce que des praticiennes en maquillage permanent et des salons de tatouage me montrent de leurs tiroirs, de leurs registres et de leurs réclamations, en renvoyant chaque règle citée à son texte.

Le parcours de Jimenez Julien et sa méthode de travail

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