Jimenez Julien, celui qui tient Tracencre
Je ne suis pas praticien en dermopigmentation et je ne prétendrai jamais l’être. J’écris du logiciel depuis assez longtemps pour savoir qu’un outil de traçabilité ne se conçoit pas devant un tableur, mais debout dans une cabine, entre deux rendez vous, en regardant quelqu’un chercher un numéro de lot sur une étiquette collée de travers.
Tracencre est né d’une phrase entendue trois fois en quinze jours, dans trois villes différentes : « je crois que je l’ai encore quelque part ». Trois fois, la question portait sur un flacon de pigment. Trois fois, la réponse était un tiroir qu’on ouvre en espérant.
Ce que j’ai vu dans les cabines
J’ai commencé par accompagner des indépendantes sur des sujets sans rapport avec la peau : prise de rendez vous, relances, facturation. Le maquillage permanent est arrivé par une praticienne de la Loire qui voulait relier ses photos avant et après à ses fiches clientes. En discutant, on est tombés sur autre chose. Elle avait dans son tiroir une trentaine de flacons, dont une dizaine achetés avant 2022, et elle ne savait pas dire lesquels étaient encore conformes aux restrictions REACH annexe XVII entrée 75.
Ce n’était pas de la négligence. C’était un problème d’information. Les publications réglementaires ne parlent pas la langue du tiroir : elles parlent en substances chimiques, en concentrations et en dates d’application, quand la praticienne a devant elle une référence commerciale, une couleur, un numéro de lot imprimé sur trois millimètres carrés. Entre les deux, personne ne fait la traduction. Alors l’information circule par capture d’écran dans les groupes professionnels, recadrée, sans date, souvent déformée, parfois périmée depuis six mois.
J’ai passé les mois suivants dans des cabines et des salons, en Isère, en Ille-et-Vilaine, en Haute-Garonne. J’ai regardé des praticiennes travailler, j’ai chronométré des gestes, j’ai photographié des classeurs. J’ai vu des registres tenus magnifiquement, à la main, sur des cahiers grand format, avec les numéros de lot recopiés à chaque séance. J’ai vu aussi, plus souvent, des feuilles volantes, des consentements signés puis rangés dans une pochette qu’on ne rouvre jamais, des photos avant et après dans la galerie d’un téléphone qui finira par tomber dans un lavabo.
Ce qui m’a décidé, c’est un dossier de réclamation. Une cliente contestait un résultat de sourcils treize mois après la séance et avait saisi sa protection juridique. La praticienne avait tout fait correctement, elle en était certaine. Elle a mis onze jours à réunir les pièces, et il en manquait toujours une : la photo avant, qui avait disparu avec un changement de téléphone. Onze jours de travail à trous, d’angoisse et de nuits courtes, pour une séance qui s’était bien passée.
Pourquoi ce produit précis, et pas un logiciel de rendez vous de plus
Le marché ne manque pas d’agendas en ligne. Les praticiennes en ont déjà un, elles le paient, il fonctionne. Ajouter un module de traçabilité à un agenda revient à ranger un extincteur dans le tiroir à factures : techniquement, c’est fait, mais personne ne le trouve le jour où il brûle.
Tracencre part de l’inverse. Le point de départ n’est pas la cliente, c’est le flacon. Tu déclares le tiroir une fois, par scan de code barre ou par photo d’étiquette, et à partir de là c’est le produit qui travaille : il compare chaque nuit ce que tu détiens aux publications REACH, aux avis RappelConso, aux communiqués de la DGCCRF, aux signalements de vigilance ANSM et aux avis de retrait des fabricants. Le jour où l’un de tes lots est visé, l’alerte n’est pas une information générale, c’est un message qui nomme ton flacon, dit quoi en faire, et sort la liste des séances réalisées avec lui.
La deuxième moitié du produit vient de ce dossier de réclamation à onze jours. Une séance se scelle en trois gestes, pendant qu’elle a lieu, pas le soir. Pigment et cartouche d’aiguilles pointés, cycle d’autoclave rattaché, photos avant et après déclenchées, questionnaire de santé et consentement éclairé signés sur la tablette de cabine. La fiche se ferme, s’horodate, et devient une pièce que personne ne peut discuter deux ans plus tard.
Mes convictions produit
Un outil de conformité qui demande du travail supplémentaire n’est pas utilisé. C’est la règle numéro un et elle est très inconfortable à tenir, parce qu’elle interdit à peu près tout ce qui fait plaisir à un éditeur : les champs obligatoires, les formulaires en huit écrans, les tableaux de bord qu’on regarde une fois. Chaque fois qu’une fonction rallongeait une séance de plus de quelques secondes, elle a été refaite ou retirée.
Une alerte qui ne te concerne pas est une nuisance. Envoyer une veille réglementaire générale, c’est facile et c’est inutile : au bout de trois messages, personne ne les ouvre. Tracencre n’envoie rien tant qu’un flacon que tu détiens réellement n’est pas concerné. Cela suppose de te demander de déclarer ton inventaire, et c’est le seul effort réel que le produit exige.
Une donnée de santé se traite comme telle. Les photos de visage, les questionnaires de santé et les consentements ne sortent pas de l’Union européenne, ne servent qu’à ton dossier, ne sont ni revendus, ni partagés, ni utilisés pour entraîner quoi que ce soit. Il n’y a pas de version gratuite financée par autre chose que l’abonnement, précisément pour ne jamais avoir à réfléchir à ce genre de question.
Le vocabulaire compte. Une praticienne ne parle pas de conformité, elle parle de lot, de retouche, de cicatrisation, de cycle d’autoclave et de bordereau DASRI. Le produit et ce site emploient ces mots là, parce qu’un logiciel qui parle une autre langue que son utilisatrice finit toujours par être mal utilisé.
Comment je travaille avec les cabines
Il n’y a pas de service commercial. Quand tu demandes une démonstration, c’est moi qui te réponds, en général sous un jour ouvré. La démonstration dure vingt minutes, elle se fait sur tes propres flacons : tu montres trois ou quatre étiquettes, on les déclare en direct, et tu vois tout de suite si l’un de ces lots est visé par une restriction ou un rappel en cours. C’est plus honnête qu’un diaporama, et c’est plus court.
Les demandes d’évolution arrivent par courriel et par téléphone. Le suivi des cycles d’autoclave par appareil vient d’un salon de Rennes, le mode pédagogique et les fiches d’exercice viennent d’un organisme de formation de Haute-Garonne, le transfert de flacon tracé d’un point de vente à l’autre vient d’un cabinet qui a ouvert une deuxième adresse. Je ne construis rien qui ne vienne pas d’un poste de travail réel.
L’éditeur, MLJ
Tracencre est édité par MLJ, société par actions simplifiée à associé unique au capital de 500,00 euros, immatriculée sous le SIREN 934 769 837, inscrite au registre du commerce et des sociétés de Paris depuis le 30 octobre 2024. J’en suis le fondateur et le directeur de la publication.
MLJ édite des logiciels métier destinés à des professionnels indépendants et à de petites structures françaises, avec le même parti pris à chaque fois : un problème précis, une obligation réelle, un outil qui tient dans un abonnement mensuel modeste et qui ne demande pas de changer de manière de travailler. Les coordonnées complètes de l’éditeur figurent dans les mentions légales.
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Pour une question technique, une demande de reprise d’historique, un partenariat avec un organisme de formation ou un distributeur de pigments : jimenezjulien42@gmail.com, ou le formulaire de la page d’accueil.